Cinéma·Livres

Celle qui a tous les dons – Carey VS McCarthy

Synopsis

Tous les dons ne sont pas une bénédiction. Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire. Melanie est une petite fille très particulière

Mon avis

  • Le livre

Au niveau de l’intrigue présentée au début du bouquin, disons qu’elle est transparente, mais ce n’est pas l’orientation principale de l’auteur, il nous emmène par la suite bien au-delà. Au lieu de se focaliser sur les zombies c’est bien autre chose qui nous est présentée. Les adeptes de la violence vorace des morts-vivants seront tout de même servis, âmes sensibles s’abstenir.

Même si certains sujets sont loin d’être originaux (enfants séquestrés, geôlier qui se découvre une conscience maternelle, scientifique déshumanisé, militaire obtus, etc) j’ai trouvé les propos bien amenés et la narration du point de vue de chacun très bien interprété. On sait directement dans la tête de quel personnage nous sommes rien que par l’écriture. Ecriture qui m’aura tout de même par moments déstabilisé (ça m’a fait réviser mes cours de neuroscience !) mais qui n’a pas empêché que le bouquin devienne rapidement un page-turner.

Ça se lit vite, c’est rythmé, intelligent, beau et triste à la fois. Un très bon livre de zombie.

  • Le film

Je ne reviens pas sur l’habituel problème de la VF et des titres de film français retraduit en anglais…

J’étais premièrement très satisfaite du rendu visuel de scènes reproduites à l’écran. Le film se veut assez fidèle au bouquin et c’est le cas pour une grosse partie. Evidemment, contraints en temps, budget, etc, ils n’ont pas pu reproduire l’entièreté de l’oeuvre (quelle adaptation pourrait se vanter d’un tel prodige ?) mais ça se comprend. Le problème c’est qu’à force de retirer des éléments, ils ont crée des incohérences qui n’existent pas dans le livre.

Je pense notamment à la scène de l’hôpital. Dans le bouquin c’est un endroit dégagé donc quand Caldwell (joué par Glenn Close !) se prend l’envie d’étudier de très près un affam (vorace dans le film en VF) et qu’il essaie de la bouffer, les personnages ont le temps de se mettre à l’abri, à grands coups de mitraillette et grenade qui attirent d’autant plus d’affam et fait de leur abri une prison. Dans le film : ils se baladent dans une foule de vorace et quand Cladwell déclenche leur appétit, certains, juste à côté, ne bougent pas. par contre, plus tard, quand ils se servent d’un pauvre petit chien pour en faire un appât, même les voraces très éloignés se réveille et parte à sa poursuite. C’était totalement incohérent.

Pour le reste bien sur, toujours du fait des coupes réalisées sur le bouquin, plusieurs autres parties m’ont semblé moins poignantes, moins logiques, etc. Mais (attention mini-spoile sur la fin de ce paragraphe) la scène version Lord of the flies (1963)… d’un ridicule ! En plus la scène est longue, malaisante, les costumes atroces. L’intention était bonne mais, bref, je préfère oublier.

Et (attention gros spoile sur la fin du film et du bouquin !), je suis obligé de mentionner la fin. Parce que ça a été tellement bâclé, ou mal compris, ou c’est moi qui suis partie dans des réflexions philosophiques trop poussé, mais clairement faire de Mélanie un personnage capable de faire consciemment le choix d’exterminer l’humanité, j’ai trouvé ça stupide. Dans le bouquin, tout arrive par fatalité, les choix n’en sont pas vraiment, ou quand ils sont faits, ils sont mûrement réfléchi. Mélanie et Caldwell parlent très longtemps (j’ai adoré ce passage) pour comprendre qu’il n’y aura jamais de remède. Le sort de l’humanité est déjà décidé. Et alors seulement, Mélanie décide d’accélérer le mouvement en brûlant le champignon et libérant les spores. Dans le film c’est : fuck les gens, pourquoi les autres comme moi on régnerait pas sur terre plutôt ? Elle a 10 ans ! Et elle a passé sa vie dans un bunker à idolâtrer une humaine !

En conclusion, le film est médiocre, se basant sur la mouvance des films pour adolescents, alors que le bouquin est réfléchi et maîtrisé. L’intention était bonne mais ce qui était bien dans le livre n’était pas retranscriptible au cinéma, à savoir le point de vue, chapitre par chapitre, de chaque personnage, avec leurs propres intonations et style. Le visuelle était plutôt beau et réaliste, la musique géniale et poignante, mais le montage et les coupes rendent l’histoire presque risible. Si j’avais vu le film avant, je n’aurais probablement pas mis mon nez dans le livre, ça aurait été très dommage. Par contre, un point positif, quand même, c’est la scène de fin justement (spoile !) quand Justineau est contrainte de rester dans le Rosie. Je n’avais pas fait le parallèle avec la situation de Mélanie au début de l’histoire, mais dans le film, ils utilisent les photos du début pour très simplement dire : nos places ont changé, l’homme est dans une cage, les voraces en liberté.

Peut-être ai-je trop surestimé le bouquin ? Dites-moi les défauts que vous lui trouvez que je puisse mesurer mon propos.
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